Mohammed 6 le grand malentendu pdf

Mohammed VI le grand malentendu

 Mohamed 6 le grand malentendu

Qui connaît vraiment Mohammed VI? L’héritier de Hassan II monté sur le trône du royaume chérifien il y a déjà dix ans projette en Occident l’image d’un jeune monarque moderne, modéré et ouvert, qui souhaite plus que tout sortir son pays de la misère et l’amarrer à cette Europe si proche. Son régime est perçu comme un modèle de transition dans un monde arabe en déliquescence, où l’écrasante majorité des États, monarchies et républiques confondues, sont soit cadenassés sous la férule de potentats, soit en proie à une instabilité chronique. Pourtant, l’illusion de ce royaume en mouvement est née d’une légende bien tenace, entretenue par une communication efficace mais trompeuse : le « Printemps marocain » n’a pas subitement bourgeonné, comme on le croit trop souvent, au lendemain du 23 juillet 1999, date de la disparition de Hassan II.
Au début des années 90, contraint par la pression de l’opinion publique internationale et par un nouvel ordre mondial moins propice à l’impunité des dictateurs, Hassan II tente d’adoucir aux yeux de ses contempteurs la face implacable de son régime en vidant ses cachots de tous ses opposants. Il desserre prudemment son étau despotique pour garantir, sans heurts, le passage de témoin à son fils.
Le monarque, vieillissant mais fin stratège, appelle en bonne place au gouvernement ceux qui ont fourbi leurs armes contre lui durant quatre décennies d’interminables complots. Longtemps attendue, l’arrivée aux affaires des socialistes, héritiers de Ben Barka, est synonyme d’une grande espérance. L’heure est à l’optimisme. Les voix se libèrent, comme en témoigne à cette période la floraison de titres avant-gardistes dans les kiosques du royaume.
Né au soir du règne de Hassan II, Le Journal a été le premier d’entre eux. Cet hebdomadaire au ton iconoclaste, dont j’ai été le cofondateur avec le journaliste Aboubakr Jamaï 1 aujourd’hui contraint à l’exil aux États-Unis, a été le marqueur incontestable de cette époque exaltante. Il est coutume de dire que nous sommes les « enfants de l’alternance » : le premier numéro du Journal, paru en novembre 1997, célébrait avec enthousiasme l’arrivée au gouvernement des anciens opposants de Hassan II.
Persuadés que la nouvelle ère était annonciatrice de délivrance, de démocratie et de renouveau, nous étions aussi considérés comme l’incarnation de cet enthousiasme, au point d’être assimilés à cette génération prometteuse qui allait bientôt prendre le pouvoir avec Mohammed VI.
Il faut éplucher les archives du Journal pour percevoir le parfum de liberté qui flottait dans l’air lorsque notre hebdomadaire réclamait à tue-tête le débarquement de Driss Basri, le tout-puissant vizir de Hassan II, qu’il exigeait le retour d’Abraham Serfaty, son opposant emblématique exilé en France, qu’il exhume de son jardin secret les vieux démons du passé en ouvrant ses colonnes aux enfants d’Oufkir le « général félon », ou encore lorsqu’il enquêtait sur la disparition toujours taboue de Mehdi Ben Barka, l’icône de la gauche. Cette liberté de plume n’avait jamais souffert sous Hassan II des foudres
du Palais.
Au contraire, le roi défunt avait confié, contre toute attente, à ses conseillers quelque peu inquiets que c’était justement de cette presse dont il rêvait pour son héritier.

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